ÉVÉNEMENT
06/02/12 - DENTOSCOPE 92/2
À la découverte de nos horizons...
Michel BASTIDE
« Faire savoir que notre métier est avant tout un travail d'artistes et d'équipe », tel est l'objectif de ce rendez-vous qui réunit du 9 au 11 février quelque 120 industriels européens du secteur pour sa cinquième édition au Parc floral de Paris.
Organisé tous les deux ans, ce salon a pour vocation d'informer les prothésistes dentaires et chirurgiens-dentistes sur les dernières évolutions de la profession et de les former aux technologies de pointe, en constante innovation. « Depuis une dizaine d'années, nous sommes passés de la fabrication artisanale à la petite industrie, notamment depuis l'avènement de la Cfao (Conception et fabrication assistées par ordinateur) qui a révolutionné nos pratiques», précise Michel Bastide, Responsable de ces journées professionnelles. « Le Parc floral de Paris est un lieu convivial qui convient bien à ces rencontres. Désormais, le patient est en mesure de connaître l'origine de la prothèse, sa matière, et le laboratoire qui l'a fabriquée. « Prothésiste et chirurgien-dentiste doivent donc constamment accentuer leur collaboration déjà bien établie. » Les 5 000 participants attendus pourront découvrir sur écran géant la démonstration de nouvelles techniques en haute définition.
le mot de l'organisateur
« Le Dental Forum est le salon majeur de notre profession. Son objectif premier est de relier les hommes pour qu'ils puissent échanger et entrevoir ensemble leur avenir et leur devenir. Cette année, il nous a semblé important d'ouvrir l'espace conférence au plus grand nombre et de ne pas faire d'élitisme. Nous avons également pris en compte que certains participants n'ont qu'une journée à consacrer à la manifestation. Venir ici, découvrir et participer, même si le coût d'entrée pour trois jours est symbolique, le prix d'une place de cinéma, il prend toute sa valeur dans une démarche professionnelle.
Nous mettons tout en œuvre pour rendre ce lieu de rencontres le plus convivial possible. Notre volonté est de le placer sous le signe du partage de nos métiers, de nos savoir-faire et savoir-être. Alors qu'on ne parle plus que d'empreintes numériques et de machines d'usinage, le programme des conférences réaffirme l'importance du travail manuel. Un dégradé de couleur, une nuance d'opacité, une définition de surface ne s'obtiennent pas et ne s'obtiendront jamais par un clic de souris... Une machine est une aide, mais si vous ne savez pas apprivoiser la matière, comprendre ses subtilités et ses complexités, il est difficile de croire que cette alchimie va opérer. Il est bon de revenir aux fondamentaux, pour se réapproprier les notions de savoir-faire, pour les transposer avec les outils d'aujourd'hui.
Quels sont nos horizons ?
Voilà un vaste sujet que nous découvrirons cette année. De nombreux industriels vont nous faire partager leurs visions de l'avenir avec des machines de production assistées par ordinateur ; c'est l'occasion pour nous tous de juger et d'orienter nos investissements à venir. Ces investissements de matériels sont très lourds individuellement. Il est évident que l'alliance de compétitivité et le partage des risques financiers soulagent nos entreprises quand elles se regroupent. De plus, ces machines ne seront rentables qu'avec un minimum de production d'une centaine de dents par jour. C'est pour cela que l'on voit arriver ces regroupements dans différentes régions : Languedoc-Roussillon, Côte d'Azur, Lorraine, Alsace, Franche-Comté, Midi-Pyrénées... Ils seront présents pour nous présenter leurs alliances de stratégies. Demain, nous découvrirons peut-être des enseignes comme dans l'optique. C'est en 1905 que la première coopérative vinicole vit le jour en Languedoc-Roussillon, l'initiative fut saluée par Jean JAURÈS avec ses mots : « L'idée maîtresse des coopérateurs a été de grouper les petits propriétaires paysans, les petits producteurs vignerons, de les arracher à cet esprit d'individualisme outré et défiant, à cette habitude d'isolement qui a fait jusqu'ici la faiblesse du travail rural ».
Bien sûr, le Dental Forum, c'est aussi la vitrine de nouveaux outils qui doivent communiquer ensemble sans se perdre dans les méandres que certains industriels créent de toutes pièces pour nous égarer... Fort de nos expériences, prothésistes, chirurgiens-dentistes et fabricants doivent échanger leurs savoir-faire de la maîtrise de ces technologies et nous mettre tous sur un même pied d'égalité. Il est donc très important que les industriels travaillent avec nous, pour qu'une harmonisation existe, afin que chacun puisse lire et utiliser les informations données librement. Demain, il serait dommageable qu'un praticien ne puisse pas envoyer son empreinte numérique dans n'importe quel laboratoire fabricant en France.
Le Dental Forum est la vitrine de notre profession : des prothésistes dentaires qui fabriquent en France, bien loin de certaines philosophies de fabrication exotiques qui génèrent la peur de la malfaçon, la difficulté et l'opacité quant au contrôle d'un matériau transformé à l'autre bout du monde. Sans oublier la crainte du grand public. C'est l'ensemble du secteur qui subit les conséquences de cette image. Ensemble, nous pouvons réaliser l'impossible : les techniques de communication nous aident, la proximité de nos échanges est une richesse que nous devons cultiver.
L'artisan prothésiste proche de son praticien est une valeur sûre encore partagée par le plus grand nombre.














