SPÉCIAL MISE EN PLACE DU PLAN DE TRAITEMENT
01/08/10 - DENTOSCOPE 901/2
Qui a peur des internes ?
François UNGER
Il faut féliciter Dentoscope du soutien qu'il apporte par ce numéro dédié à des articles écrits par des internes. Il est indispensable que la presse professionnelle de grande diffusion montre à quel point les internes contribuent aux progrès théoriques et cliniques de la chirurgie dentaire.
Les internes en odontologie, comme leurs collègues médecins, s'imposent des études complémentaires de plusieurs années, après un concours difficile et sélectif. Ne serait-ce pas justice, comme en médecine, que ces efforts soient reconnus et honorés ? Et quoi de plus naturel qu'une « qualification » reconnaissant leur spécialité, ouvrant droits et devoirs particuliers (tarifs, conventions...) en relation avec la spécialisation acquise ?
Quelques mouvements actuels, créés par la loi Hpst, cherchent à favoriser les internes en odontologie. Mais uniquement pour la chirurgie ; l'ODF est déjà une spécialité. On entend déjà les pourfendeurs de la « dentisterie à deux vitesses » s'exclamer contre ces nouveaux « spécialistes ».
Mais, en fait, compte tenu des besoins de la dentisterie hospitalière, comme de la dentisterie de ville, n'avons-nous pas besoin d'encore plus de spécialistes ? L'hôpital et l'Université appellent de leurs vœux ces internes mieux formés, habitués au modèle HU, demandeurs de s'insérer dans le cadre de la prise en charge des pathologies plus lourdes qui ne peuvent être traitées en cabinet dentaire. La dentisterie de ville est aussi en attente de spécialistes de toutes les disciplines cliniques : les endodontistes, après les parodontologistes exclusifs, ont montré le chemin. La dentisterie de ville a besoin de ces jeunes internes qualifiés pour répondre aux cas les plus difficiles, ou nécessitant des moyens techniques particuliers. La recherche d'excellence ne saurait se cantonner au monde hospitalier... à moins qu'on envisage que les dispensaires, que sont la plupart des centres de soins dentaires des CHU, soient, d'une façon ou d'une autre, transférés vers des cabinets de villes spécialisés dans la précarité. La question de la qualification des internes pose de façon aiguë celle de l'avenir de la dentisterie de ville dans notre pays.
Peut-on se passer de quelques spécialistes reconnus et honorés dans les disciplines cliniques les plus communes : parodontologie, endodontie, prothèse, soins conservateurs, odontologie pédiatrique ? Faut-il maintenir hors nomenclature, des actes qui, pour les situations délicates ou particulières, nécessitent des aptitudes et des moyens particuliers ?
La dentisterie de ville a aussi besoin d'internes qualifiés.


