ÉDITO
20/10/11 - DENTOSCOPE 87/1
Scandales en série
Docteur Paul AZOULAY
Je me suis rendu à une soirée du Coefi à Paris qui proposait un tour de table sur un thème particulièrement préoccupant : « Quel avenir pour la dentisterie libérale ? Décider aujourd'hui pour exister demain : quelles solutions ? ». J'y suis allé plein d'espoir et j'en suis ressorti désabusé. Cette soirée m'a permis de constater que RIEN n'avance et que chaque partie rend responsables les « autres » du peu de réformes favorables nous concernant. Des réformes, certes, il y en a sans cesse, mais toujours pour nous rendre la vie plus compliquée. Seul notre confrère Rudyard Bessis a parlé vrai et dressé le bilan véritable de toute l'usurpation que subit notre profession, une montagne de problèmes jamais résolus, de clichés véhiculés par les médias nous rabaissant au statut de profiteurs, pour ne pas dire de voleurs. Il a été le seul à se faire applaudir vraiment par l'assemblée présente. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Quand on y réfléchit bien, c'est en grande partie par les conditions d'exercice liées à une nomenclature de nos actes professionnels inadaptée, dépassée et surtout injuste par le fossé qui existe entre les possibilités offertes par les progrès réalisés, et tous les traitements pris en charge par la Sécurité sociale. Que devons-nous faire ? Rester dans ce statut quo insupportable ou réunir toutes nos forces pour en sortir ? C'est un vaste chantier, mais c'est la seule façon d'améliorer nos conditions de travail et la santé de nos patients.
Dans cette nomenclature totalement obsolète, aucun effort ne nous incite à faire une réelle prévention, à conserver les dents et encore moins à économiser les tissus dentaires si précieux puisque non renouvelables par Dame Nature. C'est cependant la démarche de nombreux praticiens qui malgré cet environnement défavorable font tout pour sauver ce capital dentaire : Christian MOUSSALLY, Stéphane CAZIER et Florent TRÉVELO, assistés du prothésiste Valéry DELEPIERRE vous en feront la démonstration à l'ADF où ils réaliseront en direct des inlays-onlays en méthode traditionnelle et en Cfao pour démontrer les avantages de ces nouvelles techniques. Nous espérons que l'article que vous retrouverez dans ce numéro vous incitera à vous rendre très nombreux à l'ADF. Chaque jour, le fossé se creuse entre les techniques qui avancent et la nomenclature qui prend du retard. Il faut reconnaître que parfois, des efforts ont été faits et c'est le cas du comblement des sillons et des fissures : vous trouverez dans notre deuxième article clinique une nouveauté intéressante concernant cette thérapeutique. Nous aimerions plus de responsabilités de toutes les parties concernées, y compris les patients, bien souvent coupables par leur négligence. Il est grand temps de réformer cette nomenclature. On peut toujours rêver non ?
Bonne lecture...
« Toute personne qui pense fortement fait scandale. » (Honoré de Balzac)


