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11/10/11 - DENTOSCOPE 86/2
Pénuries de dentistes
Je suis le seul rescapé », tente de relativiser,
Christophe Dage, 44 ans désormais seul dentiste à Roye. L'autre, Jean-Guy Bève est parti en retraite, il y a deux mois. « Cela devient compliqué, je prends entre 35 et 40 patients par jour maintenant », témoigne le praticien. À Roye, on en parle beaucoup et le problème ne date pas d'aujourd'hui. « Je suis prêt à m'associer avec un autre dentiste, raconte Christophe Dage. Cela fait six ans que je passe des annonces pour trouver un collaborateur, mais rien n'y fait, je ne trouve pas... ». Le praticien avance plusieurs raisons pour expliquer cette pénurie qui ne touche pas le seul canton de Roye, mais aussi ceux autour (Montdidier, Moreuil, Rosières-en-Santerre). Pour lui, les jeunes praticiens dentistes préfèrent s'installer en ville et les départs en retraite n'ont pas été suffisamment anticipés.
Il y a aussi « la féminisation de la profession. Souvent, les femmes médecins ou dentistes qui privilégient une vie de famille ne travaillent pas forcément à temps complet », analyse Christophe Dage. Une réalité qui affecte les Royens pour lesquels les délais d'attente deviennent beaucoup plus longs s'ils veulent consulter chez le seul praticien restant à Roye. « Je ne peux pas tout assumer. Et certains patients doivent attendre jusqu'à trois mois, faute de place ». Sauf en cas d'urgences, Christophe Dage prend en charge des personnes supplémentaires, mais peut difficilement accepter de nouveaux patients.
Il y a une quinzaine d'années, il existait cinq dentistes à Roye. « C'est énorme, nous sommes passés de cinq à un seul », souligne Sandrine Deschamps-Dercheu, première adjointe à la ville de Roye ; « surtout pour une agglomération comme la nôtre qui draine près de 15 000 habitants. Si on veut conserver notre population, il faut faire quelque chose ».
Il y a deux ans, la municipalité avait rencontré les médecins généralistes locaux, les premiers à tirer la sonnette d'alarme. Un projet de maison médicale avait été évoqué, « depuis, nous n'avons pas retravaillé le dossier, mais nous avons toujours l'idée en tête », précise la première adjointe. Pour pallier ces pénuries, des consultations avec des dentistes extérieurs pourraient être mises en place. Avis aux praticiens de la région...

