Dentoscope

L'actualité Scientifique et Pratique

diffusion OJD
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dimanche 01 août 2010


Rendez-vous

ÉVÉNEMENT

24/06/10 - DENTOSCOPE 68/2

Journées Odontologiques Internationales de Montpellier

L'événement de la rentrée est dans le Sud !

Nicole D'HYSER

La Biennale se déroulera les 23 et 24 septembre prochain au Corum de Montpellier. Ce rendez-vous propose un programme élaboré, pour un juste équilibre dans la pratique quotidienne en associant connaissance, intelligence, réflexion et geste. Présentation de quelques conférences...


« Stabilisation prothétique et implants : les principes incontournables » - Pr Jean SCHITTTLY (Fig.1) ; Reims


Cinq critères de réussite

L'apport de l'implantologie est incontestable pour la stabilisation des prothèses amovible, mais son rôle peut se révéler limité, voire éphémère, si les bases de réalisation des prothèses ne respectent pas les exigences désormais admises. La pérennité du traitement prothétique est essentiellement liée à un équilibre tissulaire et à un équilibre prothétique indissociables et interdépendants. Pour la prothèse amovible, partielle ou complète, cinq critères de réussite ont été définis à partir des échecs et des réussites analysés au cours de 40 années de pratique clinique : l'importance de la préparation des structures d'appui, l'exploitation des prothèses transitoires, la conception prothétique, la maîtrise des empreintes et de l'occlusion. Pour la prothèse complète mandibulaire, l'intérêt du recours à l'implantologie est devenu incontestable grâce à l'utilisation de systèmes d'attachements de plus en plus simples et performants. Mais, c'est en prothèse amovible partielle que leurs propriétés de stabilisation et de rétention présentent les plus grands avantages pour améliorer le confort et l'esthétique. Cette conférence mettra plus particulièrement l'accent sur les choix des systèmes de stabilisation, des techniques de prise d'empreinte, des moyens mis en œuvre pour la maîtrise de l'occlusion, afin d'améliorer la pérennité des traitements, tout en diminuant le temps passé au cabinet dentaire et le nombre de séquences de laboratoire. De nombreux cas cliniques suivis à moyen et long terme serviront de support pour justifier les choix. (Fig.2 à 6)


« Meopa : Que peut apporter le protoxyde d'azote en pratique courante ? » - Pr Marie-Christine GOLDSMITH (Fig.7) ; Montpellier


Un état de sédation et d'apaisement

Le recours au Meopa (Mélange Équimolaire d'Oxygène et de Protoxyde d'Azote) - pour effectuer des soins dentaires sous sédation vigile chez les enfants, les patients anxieux ou handicapés - est désormais autorisé en cabinet dentaire depuis le 30 novembre 2009. Il s'agit d'une technique simple, fiable, de manipulation facile qui permet la levée de la barrière psychologique et rend possible les traitements en toute sérénité. Il n'y a pas obligation de présence d'un médecin anesthésiste. Ce mélange induit une légère diminution du niveau de conscience en préservant l'état d'éveil, le sujet conservant sa vigilance et ses réflexes pharyngo-laryngés. Il entraîne un état de sédation et d'apaisement. Il augmente le seuil de perception de la douleur mais n'a pas d'effet anesthésique. Il convient donc d'effectuer une anesthésie locale ou loco-régionale, mais l'analgésie de surface produite par la sédation facilite l'injection. Tous les actes thérapeutiques deviennent alors possibles avec une indication de choix que constituent les avulsions et les traumatismes dentaires. L'action du Meopa est très rapide, son élimination l'est également. Un accompagnement verbal est nécessaire ainsi qu'une prémédication sédative. Les effets secondaires sont rares et réversibles. Cependant, son utilisation est réservée à des praticiens formés à cette méthode. Certains possèdent déjà une formation institutionnelle « type » Diplôme d'Université, ou une expérience clinique hospitalière. Les formations validantes doivent recevoir la reconnaissance du Conseil national de l'Ordre des chirurgiens-dentistes. Elles comprennent une partie théorique et une partie pratique.


« Syndrome d'apnée et hypopnée du sommeil (Sahs) et prise en charge pluridisciplinaire » - Prs Y. Dauvilliers, R. Garcia et P. Goudot ; Drs I. Bonafé, L. Frapier, O. Gallet de Santerre et P. Diner


Des causes diverses

Le Sahs est une pathologie du sommeil fréquente, caractérisée cliniquement par la présence d'au moins cinq apnées (arrêt de la respiration pendant au moins dix secondes) ou hypopnées (diminution de l'amplitude respiratoire pendant au moins dix secondes, associée à une réaction d'éveil ou une désaturation en O2) par heure de sommeil. Sa prévalence varie entre 2 % et 4 % de la population adulte et il constitue un réel problème de santé publique en raison de sa fréquence, de son retentissement sous forme de somnolence diurne, de troubles de l'attention et de la vigilance, de fatigue et de baisse des performances cognitives, ainsi que du risque de survenue des maladies cardiovasculaires. Les causes du Sahs sont diverses, fréquemment de nature obstructive, et surviennent le plus souvent chez un homme de 50-60 ans, obèse, voire avec un syndrome métabolique associé. Les formes sévères de Sahs ont un traitement bien codifié reposant sur la Ventilation en Pression Positive Continue. La prise en charge des formes moins sévères (IAH faible à modéré) est plus complexe, moins codifiée et nécessite une approche pluridisciplinaire (chirurgie ORL, chirurgie maxillo-faciale, orthèse d'avancée mandibulaire (OAM)). Le Sahs chez l'enfant est également un problème majeur impliquant une collaboration étroite entre orthodontiste et ORL dans le dépistage précoce de cette maladie ainsi que dans sa prise en charge (troubles ventilatoires et croissance faciale).


« Réhabilitation esthétique du secteur antérieur » - Dr Yves SAMAMA (Fig.8) ; Paris


Une approche pragmatique

Au cours des vingt dernières années, l'odontologie dans son ensemble a été l'objet de progrès novateurs qui ont considérablement modifié l'approche thérapeutique. Le développement des phénomènes d'adhésion, associé à la compréhension du traitement des surfaces et le concept d'ostéo-intégration (introduit par Branemark dans les années 80), ont considérablement modifié le traitement de l'édentement en général, et de l'édentement antérieur en particulier. À l'heure actuelle, il existe plusieurs possibilités thérapeutiques pour traiter ce type d'édentement. Le débat est celui du choix possible entre les implants, le bridge collé ou le bridge conventionnel, cette dernière option s'étant révélée probante sous l'angle du long terme. Les nouveaux systèmes céramo-céramiques se sont également vulgarisés et permettent chez certains patients de répondre à des sensibilités esthétiques particulières. Les facteurs locaux, généraux et l'âge du patient sont les éléments décisionnels majeurs. L'âge est décisif en raison des remaniements alvéolaires liés à la croissance ; cependant, même chez les adultes mâtures, il a été constaté que des remaniements alvéolaires pouvaient se produire, avec pour conséquence, chez les sujets présentant un sourire gingival, la création de décalages verticaux pouvant affecter le résultat esthétique final... Aussi, les indications opératoires reposent, comme dans tout domaine médical, sur une évaluation aussi précise que possible des avantages et des risques de chaque solution. Chez le sujet jeune, on s'orientera vers le bridge collé. À un âge un peu plus avancé, si les conditions locales sont réunies, on s'orientera vers les implants. Se pose néanmoins le problème de l'intégration esthétique... Si l'on se réfère aux critères définis par Alberksson concernant l'ostéo-intégration, les implants témoignent à long terme de très bons résultats (entre 95 et 98 % de succès) mais le risque esthétique est souvent largement sous-évalué. La réussite esthétique d'une construction prothétique implanto-portée repose sur l'évaluation du volume des tissus durs, mais aussi sur la gestion des tissus « mous » péri implantaires. Dès l'instant où l'on ne se situe pas dans un contexte idéal, ce qui est plus fréquemment le cas, la notion de plateau technique est décisive. Il est nécessaire de réunir un chirurgien expérimenté qui maîtrise parfaitement la gestion des tissus péri implantaires, un prothésiste clinicien susceptible d'optimiser les constructions provisoires et définitives et un prothésiste de laboratoire performant. Chez le sujet âgé, la prothèse classique reste d'actualité afin d'éviter l'inconvénient de procédures fastidieuses, ou trop techniques, qui ne sont pas en rapport avec un âge avancé. Le patient âgé présente souvent des pathologies d'ordre général et il est nécessaire que notre spécialité s'inscrive dans une approche pragmatique.

 

Contacts et inscriptions

Journées Odontologiques Internationales Montpellier 2010

Faculté de chirurgie dentaire de Montpellier - 545, avenue du Pr Jean-Louis VIALA

34193 Montpellier cedex 5 - Tél. : 04 67 10 44 66 - Fax : 04 67 10 45 88

Mail : magali.fayol-chastaing@univ-montp1.fr - Web : joim.univ-montp1.fr

Légendes et Figures
Fig.1: Pr Jean SCHITTTLY.
Fig.2: Piliers ; attachements (Locator Zest Anchors).
Fig.3: Intrados prothétique.
Fig.4: Empreinte anatomo-fonctionnelle avec transferts et répliques de piliers.
Fig.5: Intérêt d'une stabilisation par attachements axiaux pour des édentements asymétriques : intrados de la PAP.
Fig.6: Situation clinique.
Fig.7: Pr Marie Christine GOLDSMITH.
Fig.8: Dr Yves SAMANA.