Cas clinique
10/06/10 - DENTOSCOPE 67/6
Quand le bio générique envahit le programme...
Dr Patrice LALET
Lorsque l'on vous annonce que votre programme informatique passe de la version 3.65 à la version 3.8, vous vous attendez au mieux à une légère évolution, au pire, à un débogage. Mais cette évolution cache des petites révolutions. C'est cette évolution qui fait que le Cerec n'est pas un outil figé. Les progrès qu'il accomplit dépendent autant de l'évolution du logiciel et de la machine, que de celle des matériaux et produits associés... Explication.
Présent depuis déjà un an, le système bio générique permet au programme d'extrapoler un inlay ou un onlay à partir des caractéristiques de la dent à reconstruire. Ce système s'étend désormais aux couronnes. Le challenge était de taille. Si durant la réalisation d'un inlay, il semble facile de « continuer » une dent, une fois que celle-ci est préparée, comment la « deviner » ? Comment puiser dans l'observation des dents restantes, les éléments caractéristiques ? Comment l'intégrer ?
Extraire les caractéristiques d'une dent
Le programme va profiter de la prise d'empreinte de la préparation pour scanner et extraire des caractéristiques de la face occlusale des dents adjacentes (17 points caractéristiques en fait). À partir de là, le logiciel va pouvoir reconstruire une dent à l'homochromie parfaite, pas une dent « adaptée ». Avec la précision de la Blue Cam, le résultat est surprenant : d'emblée, on obtient une intégration quasi parfaite avec un mimétisme de forme étonnant. Les retouches sont minimes et se bornent à un contrôle. Pour arriver à cela, des milliers de dents ont été scannées en bouche afin de déterminer ces points caractéristiques. Cette capacité à extraire les caractéristiques premières des dents, va permettre d'autres applications : on peut ainsi enregistrer une molaire supérieure pour refaire une prémolaire inférieure (et vice versa).
Enregistrement de l'antagoniste
Si l'environnement de la dent à reconstruire n'est pas favorable (ancienne couronne, grande reconstruction) cette capacité est idéale. Les outils de contrôle et dessin restent essentiels pour valider la restauration, mais cette analyse permet de produire une proposition d'emblée très acceptable, limitant le travail de l'opérateur. La deuxième évolution majeure tient dans l'enregistrement de l'antagoniste. Avant, un mordu en silicone permettait de restituer l'antagoniste. Cette possibilité existe toujours, mais elle peut se substituer par un enregistrement direct des dents antagonistes (sur une demi-arcade ou même une arcade complète.) Le repositionnement se fait par un enregistrement latéral des deux arcades en relation.
Vers une simplification...
À côté de ces changements majeurs, « les anciens » trouveront des simplifications de procédures et l'élimination de certaines étapes, permettant des séquences de soins plus rapides. Ainsi, les capacités de l'appareil ont été accrues. Le programme pouvait déjà effectuer des « copier-coller » des dents ; j'entends par là, qu'il était possible de scanner une dent afin de la reproduire à l'identique. Il était également possible de l'inverser informatiquement (Ex. : scanner la 11 pour faire la 21). Maintenant, ce scan se double d'une analyse biogénerique, ainsi, le programme retrouve les crêtes, cuspides et sillons d'une dent, vous permettant d'avoir une action de correction ou d'ajustement de la copie. Ces capacités de scan permettent de repérer la dent en un clic, sans être obligé d'en dessiner les contours. Mais le Cerec ne fait pas tout...
Des réhabilitations sans « mutilation »
À côté de cette évolution informatique, les plus grandes
marques de matériaux nous gâtent. Les blocs E-Max (Ivoclar) avaient
révolutionné notre façon d'appréhender les couronnes en autorisant des
préparations inférieures « au millimètre ». Les couronnes sur dents vitales
devenaient accessibles. Avec ce même matériau (aux caractéristiques physiques
étonnantes), le programme permet de réaliser des facettes sans préparation... de
Un système qui n'est pas figé
À côté de ces « deux grands », d'autres marques innovent avec des produits que l'on dirait faits pour le Cerec. Pour ne citer qu'eux, GC avec le GCM Automix, associant facilité d'emploi et esthétique, ainsi qu'un Primer céramique bi composant intègrant une résine et du silane qui augmente l'adhésion de manière très significative. Les utilisateurs du Cerec mènent leurs restaurations d'un bout à l'autre, ce qui les amène à un haut degré de connaissances et d'exigences des matériaux qu'ils emploient. Ce que j'apprécie avec ce système, c'est qu'il n'est pas figé et sait se nourrir des nouveautés offertes par les fabricants. Les gains de temps qui en découlent permettent d'augmenter les potentialités de l'appareil dans un cabinet : réalisation par nos soins et en un temps des prothèses nécessaires à nos patients, gestion simplifiée des rendez-vous, pas de provisoires, une seule anesthésie, collage dans les meilleures conditions...
Toutes ces améliorations ouvrent de nouvelles possibilités et entretiennent le plaisir dans notre travail. C'est, à mon sens, leprincipal apport du Cerec. Pour peu que l'on s'y investisse, il est un remède contre la quotidienneté et la monotonie des actes. Un air frais des hauteurs... dans nos salles de soins confinées !























