Cas clinique
26/05/10 - DENTOSCOPE 66/7
Comment traiter l'application pour des restaurations de grandes portées ?
Dr J.-P. COUGOU
Cette technologie éprouvée est aujourd'hui disponible. Elle trouve une application évidente, due aux besoins de rapidité d'exécution et d'efficacité manifestés par les patients. Illustration.
La biocompatibilité de ce matériau et son coefficient d'élasticité (équivalant à celui de l'os) permettent de réaliser de grands bridges avec des implants monoblocs non métalliques. Le polyetherethercétone est déjà largement utilisé en orthopédie (rachis épaule, plaques d'ostéosynthèse...). Les implants dentaires utilisent une évolution nanotechnologique de ce matériau : PEEK + βTCP + TiO2 (Biopik). Les implants monoblocs transforment toute force exercée en force de stimulation osseuse. En supprimant les stress à l'interface os-implant, ils deviennent ostéoconducteurs, du fait de leur formulation chimique et de leurs formes appropriées aux différents types d'os. Toutes les techniques de pose peuvent être utilisées avec un strict respect du protocole de mise en place.
Présentation du cas
Une patiente de 38 ans, en contact constant avec le public, désire être réhabilitée et sûre de sa présentation esthétique le plus rapidement possible, après la rupture d'une racine (13) qui maintenait une ancienne prothèse amovo-inamovible. L'analyse de son orthopantomogramme permet de vérifier la hauteur d'os disponible pour la pose d'implants. La consultation clinique permet de valider les épaisseurs d'os disponibles et de prévoir ainsi une intervention implantaire. Onze poses d'implants peuvent être réalisées : six en trans-muqueux, une en post- extraction, et quatre autres avec lambeau de pleine épaisseur, afin de visualiser parfaitement les reliefs osseux. La proposition thérapeutique se limitera donc à deux possibilités. La première, en prothèse amovible de 12 dents ; la seconde, par la pose de 11 implants avec un guide chirurgical et la mise en place immédiate d'un bridge provisoire juste à la fin de la chirurgie de pose.
Antibiothérapie prophylactique
La patiente choisira sans hésitation la solution dento-implanto portée avec 11 implants posés, trois dents naturelles conservées après retraitement, et la mise en place immédiate d'un bridge provisoire de 14 dents. Cette prothèse permettra à la patiente de retrouver son travail six jours après la pose des implants. La patiente est prémédiquée par la prise d'une antibiothérapie prophylactique deux jours avant, et quatre après l'intervention et la prise d'arnica Montana, quatre jours avant, et 12 jours après, ainsi que par la réalisation de bains de bouche à base de Chlorexhidine pendant 14 jours.
Guide chirurgical
Avant l'intervention, l'ensemble du maxillaire est badigeonné avec de la Chlorexhidine, puis une anesthésie complète du maxillaire est réalisée. Avant la pose des implants, les extractions sont réalisées, suivies d'un curetage soigneux. Le guide chirurgical est alors positionné, il permet de marquer l'ensemble des positionnements des implants. Puis, la pose des implants en chirurgie transmuqueuse commence par le passage de la fraise de profondeur, suivi immédiatement de la réalisation des nids implantaires terminaux avec la fraise spécifique terminale (CYL) sous refroidissement de sérum physiologique. La pose des implants s'effectue par press-fit et impactage doux, au maillet chirurgical de 170 grammes.
Compaction osseuse
L'os est de type D3, donc quatre implants (TAU) sont ainsi positionnés à droite, puis deux à gauche, avec la même trousse d'ancillaires (passage de deux fraises). Ces implants favorisent la compaction osseuse du site après le passage de la fraise terminale qui mâche les parois du nid de l'implant. Une nouvelle trousse d'ancillaires (deux fraises) sera utilisée pour réaliser le puits implantaire au niveau de la canine extraite, afin d'éviter toute possibilité de contamination résiduelle provenant du site d'extraction. Un nouvel implant est alors posé.
Méthodologie
Au niveau antérieur, un lambeau de pleine épaisseur est réalisé, cette chirurgie doit permettre de visualiser parfaitement le relief de la crête osseuse afin de choisir le type d'implant à poser. Dans ce cas, deux implants sont posés en position 11 et 21. Les forages terminaux seront réalisés manuellement pour éviter de léser l'os. Cette méthodologie permet ainsi de récupérer des copeaux d'os pour combler ici une légère déhiscence vestibulaire. Deux implants de faible diamètre (3 mm) seront impactés en 12 et 22 avec le passage de trois fraises. Les sutures sont ensuite réalisées, fermant complètement le site chirurgical. Le provisoire est ajusté, puis rebasé et scellé provisoirement. Après cinq jours, l'état de la patiente est contrôlé et le provisoire est amélioré au niveau du polissage. N'ayant que très peu souffert, elle retrouvera son métier dès le lendemain, confiante.
Simplicité de réalisation
La cicatrisation totale se réalisera en six semaines, il sera alors possible de retoucher éventuellement les émergences en bouche avant de prendre les empreintes du bridge définitif, avec la même technique que pour des dents naturelles. La simplicité de réalisation permet de faciliter nos interventions grâce aux différentes formes d'implants disponibles et aux qualités intrinsèques d'un matériau, ni métallique ni trop rigide.



































