Dentoscope

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lundi 06 février 2012


Cas clinique

01/04/10 - DENTOSCOPE 63/10

Protection des organes

L'arrêt du « processus de cicatrisation par élimination de l'organe dentaire »

Dr Jean-Michel PELÉ

Notre rôle de praticien n'est pas de lutter contre une maladie, mais bel et bien d'aider le corps dans son action de protection des organes nobles et de survie. Notre comportement, et la prise en charge du patient, sont donc très différents de ce qui nous a alors été proposé depuis toujours... Explication.


Dr Jean-Michel PELÉ

• Docteur en chirurgie dentaire.

• Diplômé de la faculté de Montpellier.

Le Dr Jean-Michel PELÉ est sorti de la faculté en 1983. Il
s'est installé sur Montpellier et Juvignac en 1985. La rencontre avec le Dr
William HOISINGTON a eu lieu en 2003, lors d'une formation en prothèse sur
implants. Très vite, ils comprirent qu'ils avaient la même approche, car chacun
évitait les sutures et minimisait les incisions. Le Dr Jean-Michel PELÉ
pratique toute extraction de sagesses, y compris les sagesses incluses, sans
avoir réalisé une seule suture au cours de sa carrière. Pour lui, le lambeau
élastique est une solution concrète.

Dr Jean-Michel PELÉ

• Docteur en chirurgie dentaire.

• Diplômé de la faculté de Montpellier.

Le Dr Jean-Michel PELÉ est sorti de la faculté en 1983. Il s'est installé sur Montpellier et Juvignac en 1985. La rencontre avec le Dr William HOISINGTON a eu lieu en 2003, lors d'une formation en prothèse sur implants. Très vite, ils comprirent qu'ils avaient la même approche, car chacun évitait les sutures et minimisait les incisions. Le Dr Jean-Michel PELÉ pratique toute extraction de sagesses, y compris les sagesses incluses, sans avoir réalisé une seule suture au cours de sa carrière. Pour lui, le lambeau élastique est une solution concrète.

Nous avons expliqué dans un article précédent, que nous considérons la perte d'une ou plusieurs dents de façon naturelle (sans l'intervention d'un chirurgien-dentiste), non comme une maladie, mais comme un moyen utilisé par l'organisme pour lutter contre une possibilité d'infection à distance, en somme, il s'agit pour nous du processus de CICATRISATION. Allant même jusqu'à affirmer que la perte d'une ou plusieurs dents de façon naturelle est un signe de BONNE santé (et non de maladie...) !


Conservation de la dent

Notre action thérapeutique visera avant tout à conserver LA dent sur l'arcade, lorsque, bien entendu, elle se présente tout à fait saine ou suffisamment « solide » pour supporter une reconstruction prothétique le cas échéant : soit par une intervention précoce, (cas le plus favorable), soit en immobilisant les dents et en rétablissant la fonction et l'esthétique de manière immédiate avec un temps d'action le plus court possible (dans les cas les plus extrêmes). Notre intervention se fait en une ou deux séances, pour ce qui est de l'intervention sur les tissus de soutien (ceci le même jour !), une séance peut être ajoutée le plus souvent avant cette intervention, lorsque la contention et la restitution de la fonction mais aussi de l'esthétique doivent se faire. Dans les cas les plus extrêmes, deux « grosses » interventions - pas plus - sont nécessaires. Le reste est du contrôle, la maintenance se faisant par le patient et se résumant alors à une seule action très vite acquise... Contrairement à ce que l'on a pu entendre ça et là, les patients vivent très bien cette séance lorsqu'elle est bien menée, avec des temps de repos de quelques minutes. Une relation particulière s'établit alors entre patient et praticien, plus « serrée », plus privilégiée, la personne comprenant que l'on prend réellement son temps sur la journée pour régler SON problème. Ce qui suit est un cas clinique réalisé sur une jeune fille de 26 ans en décembre 2006, et pour qui les différentes thérapeutiques proposées à l'époque se résumaient à une grande quantité d'extractions immédiates (Fig.1).


Parodontite « stade terminal »

Ce cas a été réalisé en une seule journée, une seule séance de quelques heures, certes fatigantes, mais quelle satisfaction pour les deux personnes : l'une retrouvant ses fonctions immédiatement et sa joie de vivre, l'autre les retours de la reconnaissance. Frédérique présentait une « parodontite stade terminal ». Pour ma part, cela signifie que le corps est en fin de cicatrisation et une grosse quantité de dents vont être expulsées, et la « plaie ouverte va être refermée » (Fig.2 et 3).


Le plan de traitement a été celui-ci :

Le matin, contention de toute les dents mobiles, plus la réalisation de bridges fonctionnels et esthétiques grâce aux fibres imprégnées super résistantes et esthétiques. Sans cela, il est impossible de pratiquer la méthode Bost, car les forces sur les racines extrairaient les dents ! On remarquera que, pour ce qui est de la 14, juste la racine à été retirée, nous avons conservé volontairement la couronne naturelle ; qui est, bien entendu, la plus adaptée, tant sur le plan biologique, qu'esthétique. Une reconstruction en composite de la 16 aura donc suffi, après mise en place de la fibre. Nous avons décidé de retirer la 46 qui dépassait le plan d'occlusion, seule dent extraite par nos soins pour ce cas (Fig.4 à 6). Dans le même temps, nous avons réalisé la contention du bloc incisivo-canin mandibulaire, et au-delà, jusqu'à la 37, sans nous soucier de l'esthétique du bloc incisif qui a été réalisé lors de la première séance de contrôle, soit 48 heures après (Fig.7). L'après-midi, réalisation de la méthode Bost.


48 heures après la visite de contrôle...

Lors de cette visite, nous avons en effet refermé les espaces incisifs afin de masquer la fibre, et nous avons réalisé un premier passage du « Perio-aid avec aéro » pour initier l'action « d'hygiène aérobie ». Cette hygiène a deux actions : une action mécanique, impossible à réaliser à la suite de chirurgie à lambeaux, l'aéro pouvant « frotter » la racine afin de réduire la possibilité des bactéries à s'organiser en biofilm ; et une action « chimique », en permettant à l'oxygène de pénétrer cette région et donc de lutter contre les bactéries anaérobies. En même temps, l'aéro joue parfaitement le rôle de membrane, en luttant contre un ré-attachement précoce de la gencive (attachement épithélial) et en évitant les translocations de bactéries de la gencive à la racine (et réciproquement). Dès 48 heures, les résultats sont déjà encourageants : inflammation très nettement réduite, la patiente se sent surtout plus forte lors de la mastication, en confiance avec sa bouche, psychologiquement, cela participe au succès du traitement... Un contrôle à deux ans, de l'usage de l'aéro de façon journalière suite au brossage est fait. Les dents manquantes seront prochainement remplacées par des implants (Fig.8). Il est bien entendu préférable d'intervenir dès le démarrage de ces processus de destruction afin de préserver au mieux le capital osseux (Fig.9).


Autre cas

Une patiente de 75 ans (Sud de l'Espagne) présente une grande mobilité d'un bridge céramo-métallique en 34 et 37 (Fig.10). L'examen clinique montre une atteinte parodontale importante. Nous décidons de maintenir ce bridge très mobile par une contention fibrée jusqu'à la 33, et avons pratiqué dans la même séance le traitement Bost. Le contrôle à quatre mois montre une très bonne régénération osseuse ! La patiente a été vue deux fois (Fig.11).

 

Cas clinique illustrant les « Désordres du
Parodonte » paru dans Dentoscope n°62
Traitement de l'os en une session : Le traitement Bost
Illustration encadré

Il élimine la maladie parodontale à sa source, en dessous des gencives et commence par une microchirurgie rapide et fiable.

Le traitement de la bouche entière est accompli en une journée, pendant quatre ou cinq heures. Le confort du patient est assuré par un lit dentaire, qui remplace le fauteuil traditionnel. Le traitement en une seule session, permet à l'os de guérir et d'éliminer les poches en les remplissant de tissus sains. Il y a quatre facteurs essentiels qui différencient le procédé « Bost » de la chirurgie traditionnelle :

• S'effectue en une séance.

• Évite de couper les tissus et d'exposer la surface de l'os, ce qui créerait une nécrose (mort des cellules osseuses). Cette microchirurgie protège donc les tissus.

• Crée un attachement solide qui est nécessaire pour guérir les gencives et l'os, et prévenir une éventuelle récidive de la maladie parodontale.

• Permet une convalescence rapide et facile.

• Acquisition d'une bonne hygiène dentaire est d'une importance capitale.

D'un point de vue médical, c'est un avantage de traiter la bouche en une seule fois car cela permet d'éviter la re-infection entre les traitements. Il existe des traitements classiques qui exigent jusqu'à douze rendez-vous, et se prolongent pendant des mois. Des traitements de cette durée peuvent occasionner des re-infections permanentes. De plus, le système immunitaire est forcé d'accomplir deux tâches simultanément : combattre les bactéries et guérir le tissu endommagé. Ce traitement permet au système immunitaire de regénérer le tissu des gencives, l'os, l'attachement, et de guérir au plus vite. Les patients apprécient généralement le traitement en une seule session. Cela permet aussi au dentiste de concentrer toute son attention sur son patient. Les patients se font traiter pour manger plus confortablement, mais aussi pour améliorer l'aspect esthétique de leur sourire. La restauration des dents, le remplacement de celles qui manquent, le changement de leur couleur, de leur aspect, leur stabilisation... toutes ces opérations peuvent commencer au plus vite, souvent le jour même du traitement. Le procédé n'endommage ni les gencives, ni l'os, ni l'attachement pendant la procédure. Il crée les meilleures conditions possibles pour guérir. L'une des raisons de son succès vient du fait que le traitement profite de la réponse immunitaire naturelle du corps. En préservant au maximum le tissus gingival et les cellules de l'os, il permet au corps d'accélérer le processus de guérison. Il assure la préservation du tissu sain car il ne pratique pas d'incisions chirurgicales sur les gencives. La technique, appelée « lambeau élastique » permet l'accès au plus profond des racines et à la surface de l'os. Un tissu malade devient spongieux et perd une partie de la densité de ses fibres. Les fibres qui restent ont cependant une certaine élasticité, ce qui permet d'étirer le tissu de la gencive pour avoir un accès en profondeur à l'os. Cette technique se réalise sans incision du tissus gingival, ni interruption de la circulation du sang menant à l'os, ni sutures. Cela permet d'éviter la nécrose, qui mènerait à une perte d'os supplémentaire.

William HOISINGTON.

Source : airperio.com

Dr William HOISINGTON

• Founder of AirPerio.

• Co-Director of Periodontal Research and Education for the Post-Graduate Implantology ; Section of Dr. Gerard Scortecci, University of Nice School of Dentistry.

• Director of Periodontal Section, Hale Clinic, London, UK.

• Director of Periodontics, American Medical Center, St. Petersburg, Russia.

• Private Practice in Aerobic Periodontics, Seattle Washington, USA, Monte Carlo, Monaco.

• Clinical instructor in Periodontics, University of Florida School of Dentistry,

Gainesville, Florida, USA.

Légendes et Figures
Fig.1: Panoramique avant traitement (décembre 2006).
Fig.2: Bloc incisif inférieur avant traitement.
Fig.3: Racine prémolaire 14.
Fig.4: Bridge fibré de contention 13 et 16 après suppression de racine en 14.
Fig.5: Fibre en place pour bridge contention en 47 et 45.
Fig.6: Bridges fibrés en place.
Fig.7: Incisive contenue par fibres imprégnées.
Fig.8: Panoramique à trois ans.
Fig.9: Contrôle à deux ans, aucune poche trouvée !
Fig.10: Panoramique avant intervention (avril 2009).
Fig.11: Évidence de la régénération osseuse.