Cas clinique
22/01/10 - DENTOSCOPE 59/8
Quels sont les atouts d'un bilan photo ?
Dr Patrick LANGE
La photographie numérique résout les problèmes de traitement, de stockage et simplifie la prise de vue. Cette technique, une fois maîtrisée, permet de réaliser un bilan photo initial en quelques minutes. Démonstration.
La photographie dentaire existe depuis de nombreuses années. Toutefois, elle restait souvent réservée aux dentistes conférenciers qui présentaient leurs cas sur diapositives... Désormais, en plus de ces nombreux atouts, elle permet de pouvoir visionner instantanément l'image.
Six bonnes raisons pour réaliser un bilan photo
• Il a plusieurs utilités.
• Un équipement simple suffit.
• Un nombre réduit de vues suffit pour le bilan photo initial.
• C'est facile.
• C'est rapide.
• L'informatique peut rectifier de nombreuses erreurs de prise de vue.
Quand le bilan photo peut être utile au praticien...
Bien entendu, le dentiste n'a pas besoin de photographies pour établir son diagnostic. Il dispose pour cela de l'interrogatoire, de l'examen clinique, voire des examens radiographiques complémentaires. Toutefois, le bilan photo peut l'aider :
• À faire découvrir sa bouche au patient.
• Contrairement au miroir que tient le patient, ou à la camera intra orale, il pourra être affiché sur l'écran ou imprimé, manipulé par le patient et commenté au bureau et non plus au fauteuil.
• Le patient étant dans une position plus confortable et moins intimidante n'en sera que plus réceptif.
Prévoir son plan de travail
Le praticien une fois seul, pourra facilement déterminer les différentes étapes du traitement, la durée et le matériel nécessaires pour chaque séance en ayant sous les yeux les observations de sa consultation, les radios et les photos de la bouche du patient. Une image vaut parfois plus que des mots, c'est une information complémentaire que les prothésistes apprécieront.
Conserver une image de l'état initial du patient
Pour un suivi classique du patient après un traitement important, il est bon de conserver une image de l'état initial ou du travail qui vient d'être terminé. De même, il sera apprécié pour répondre aux demandes de justifications éventuelles des caisses d'assurance maladie ou en cas de litige... Un équipement simple suffit pour réaliser un bilan photo. Le praticien doit avoir à sa disposition un
appareil photo adapté à la macrophotographie, un écarteur et un miroir occlusal.
Choix de l'appareil photo
Un ensemble constitué d'un objectif macro monté sur un reflex équipé d'un flash annulaire permettra d'obtenir les plus belles images. Toutefois, cette solution nécessite un apprentissage, des réglages complexes et surtout l'emploi des deux mains (une tenant l'appareil, l'autre l'objectif). Donc, à moins d'avoir à présenter ses photos sur écran géant en conférence, un ensemble simplifié préréglé sera plus maniable et plus facile à utiliser. Le poids étant réduit et les réglages pré-établis, une seule main suffira, l'autre restant libre pour manipuler l'écarteur ou positionner le miroir occlusal (Fig.1).
Un nombre de vues réduit
Il suffira d'un minimum de six vues pour établir ce document. Bien évidemment, libre à chaque praticien de le compléter avec des prises de vue plus spécifiques. Nous trouverons dans ce bilan photos :
• Une vue de face, sourire, sans écarteur. Elle permettra notamment d'évaluer si le patient découvre ou pas les dents dans leur intégralité (sourire gingival).
• Vue de face avec écarteur.
• Vue 3/4 gauche avec écarteur.
• Une vue droite avec écarteur.
• Vue occlusale du maxillaire.
• Vue occlusale de la mandibule
Le bilan photo est facile à réaliser
Il demande une seule position pour le patient et pour le praticien. Nul besoin de contorsion du patient ou du dentiste pour réaliser ce bilan photo. Grâce à l'écran orientable dont bénéficient de nombreux appareils, le patient et le praticien, une fois positionnés, n'auront pas à bouger. Le patient se retrouve allongé pratiquement à l'horizontale. Le dentiste se positionne derrière à midi. L'appareil dans une main, l'autre restant libre (Fig.8). L'appareil conservera les mêmes réglages d'un patient à l'autre. On doit privilégier la « profondeur de champ ». Tous les éléments de la photo doivent être nets (Fig.9 et 10).
La réalisation d'un bilan photo ne prend que quelques minutes. Avec un peu d'habitude, le positionnement du patient, les prises de vues ne prendront que deux minutes au praticien. De plus, la possibilité de visionner le résultat instantanément sur l'écran de l'appareil évite de multiplier les prises de vues au cas ou l'une serait ratée (finis les « on la double au cas où... »).
Rectifier les erreurs de prise de vue
Avec l'habitude et en ayant trouvé les bons repères, cette étape deviendra souvent inutile. Un simple logiciel de retouche permettra toutefois de compenser un mauvais cadrage ou de recentrer une photo. Exemples d'outils utiles :
• « Faire pivoter » permet de corriger une photo prise en biais, de replacer la ligne du sourire à l'horizontale.
• « Recadrer » permet d'éliminer les parties inutiles de l'image.
• « L'ajout de texte » : annoter la photo.
Important : l'informatique ne permettra pas de récupérer une photo floue ou trop mal exposée !
Réalisation d'un bilan photo
Positionnement du dentiste et du patient. Le praticien est à midi. Le patient est quasiment allongé (Fig.11). Réglage (Fig.12 à 14) :
• Mode Av.
• F. maximale possible, ici F.:8.
• Iso : valeur moyenne 200 ou 400.
• Collimateur central (mise au point au centre de l'image).
• Flash intégré sur OFF.
• Flash annulaire à diodes sur ON.
Prise de vue 1 (Fig.15) : vue de face sourire sans écarteur. Le patient sourit. Cette vue permettra de déterminer entre autres ou jusqu'ou le patient « découvre » des dents et pourra guider le praticien dans la gestion de la forme des collets.
Prise de vue 2 (Fig.16 et 17) : vue de face avec écarteur. Demander au patient de serrer les dents. Bien positionner l'appareil en face et faire le point sur les centrales.
Prises de vue 3 et 4 (Fig.18) : vue gauche et à droite avec écarteur. Demander au patient de mettre les canines en bout-à-bout et de tourner la tête vers la droite, tirer légèrement l'écarteur vers l'arrière, décaler l'appareil légèrement sur le profil vers la gauche, faire le point sur la canine. Le praticien peut s'aider en tirant sur la poignée de l'écarteur.
Prise de vue 5 (Fig.19) : vue occlusale de la mandibule. Même principe, mais on demande au patient de positionner sa langue au-dessus du miroir. Le praticien avance légèrement le bras et réoriente l'écran vers lui pour éviter le mal de dos.
Transfert : Soit en reliant l'appareil photo à l'ordinateur par câble USB, soit en insérant la carte mémoire dans l'ordinateur. Le transfert se fait en quelques secondes.
Corrections des photos
Un logiciel de retouche (comme ACDsee, par exemple) permet de recadrer ou faire pivoter une photo.
• Cas N°1 (Fig.20 à 22) : « faire pivoter ».
• Cas N°2 (Fig.23 et 24) : « recadrer ».
Important : choisir un format d'image standard ; ici : 4x6.
Les progrès de la photo numérique et de la technologie d'éclairage à Led ont permis la mise sur le marché d'équipements dédiés à la photographie dentaire qui sont peu coûteux et faciles à utiliser. Une fois maîtrisés, ils deviendront un outil apprécié par le praticien et le patient.

La révolution numérique est en marche depuis une vingtaine d'années. Le Dr Yves TOLILA, qui présentera une conférence à ce sujet au Dental Forum, nous explique pourquoi.
Le développement des technologies numériques nous permet aujourd'hui de communiquer avantageusement avec le laboratoire de prothèse. La photographie numérique et l'arrivée de la messagerie Internet ont permis de partager instantanément nos images avec la personne qui sait le mieux exploiter ces précieuses informations : le prothésiste dentaire. Durant le Dental Forum, nous verrons, avec mon prothésiste Imad Ghandour, comment nous pouvons rationaliser la prise de la couleur, comment éviter les erreurs préjudiciables pour tous et comment améliorer considérablement le rendu esthétique. Nous aborderons des points clés afin de réussir l'esthétique requise : comment traduire les données fournies par le praticien, le choix du support de la céramique, l'influence de l'âge du patient pour le choix de la technique de stratification et comment compenser les différences observées entre la couleur obtenue au laboratoire et celle observée dans l'environnement buccal ? ».
Dr Yves TOLILA - Chirurgien-dentiste
INFORMATION - DENTAL FORUM : « Frictions et Réalités. Compréhension et quantification de la couleur du dentiste au prothésiste. Les données indispensables pour la réussite d'une prothèse esthétique et fonctionnelle. » Samedi 6 février de 10h00 à 11h00 : M. Imad GHANDOUR / Dr Yves TOLILA

























